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Interview : Maud Bettina Marie, scénariste et actrice du court-métrage "Olive"

25 avr. 2022 18:53:01 / by Maureen Plas

Actrice, scénariste, créatrice de contenu, Youtubeuse...  Maud Bettina Marie porte bon nombre de casquettes. Son court-métrage Olive connaît une belle carrière en festival et aborde un sujet important.

Rencontre avec l'artiste et retour sur sa carrière.

Vignette Olive

Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pourriez- vous nous résumer votre parcours ?

Née à Dunkerque, je suis montée à Lille pour suivre des études de théâtre. Je suis ensuite allée au cours Florent et j’ai réalisé une formation de scénariste de séries. J’ai commencé à travailler en tant qu’auteur à la télévision où j’ai fait une émission pour enfants pendant trois ans, ce qui m’a apporté de l’expérience dans ce métier.

En 2017, j’ai monté deux chaînes Youtube, “Parlons peu parlons cul”, qui s’est appelé par la suite “Parlons peu mais parlons” et “Maud Bettina Marie”. C'est un espace génial pour pouvoir créer.

Par la suite, et avec la naissance du CNC Talent, nous avons pu imaginer des projets plus ambitieux. A ce moment, il existait encore une dimension fiction sur YouTube qui est beaucoup moins présente aujourd’hui.

 

Pouvez-vous nous parler de la collection Family et plus particulièrement du court-métrage Olive, sélectionné au L.A. Shorts International Film Festival ?

J’ai toujours aimé écrire sur la famille, c’est mon sujet de prédilection. C’est à la fois ultra-commun et ultra-riche, que ce soit en rapport humain, en émotions ou en parcours... C'est pleins de possibles. J’avais déjà fait deux court-métrages: Merci maman et Paparfait qui ont eu du succès et fait des millions de vues.

Quand s’est créé le CNC talent c’était l’occasion de confectionner une sorte de collection autour du sujet de la famille, c’est une chose que je voulais faire depuis longtemps avec mon producteur, Keyvan Khojandi. J’ai pris les sujets qui m'importaient le plus comme le deuil, la culpabilité face à un divorce, la toxicité familiale ou l’absence de communication. A la base, il n'était pas question d'Olive, puis j’ai vécu une fausse couche et après dix mois de thérapie, de travail sur moi et de reconstruction, je me suis dit que c’était vraiment important de partir de cette histoire personnelle pour en faire un message universel.

Vignette paparfait

 

Ca n'a pas du être facile de retranscrire un tel traumatisme à l’écran.

Cela a été possible grâce à un travail que j’ai fait sur moi avant. Lorsque j’ai commencé à écrire Olive, c'était déjà plus naturel de pouvoir en parler et l’idée était surtout de ne pas tomber dans le pathos, de laisser de l’espoir et de la lumière. Il fallait que je sois guérie, même si je ne pense pas qu’on en guérisse définitivement, afin d’arriver à en parler le plus sereinement possible.

Évidemment cela nécessite de se replonger dans cette expérience, comme en ce moment car nous sommes en train de faire d’Olive un long-métrage! Cela me remet en situation mais je pouvais ressentir la même émotion lorsqu’on écrivait dernière valse et que nous parlions du deuil.

Il y a beaucoup de choses qui se passent mais Olive n’était certainement pas ma thérapie, je l’ai faite bien avant de pouvoir faire mon court-métrage. Par contre cela a été une nécessité pour moi d’en parler au travers car l’ayant vécu, j’ai pu voir tout ce qui était absurde et ce qui n’allait pas, tout ce qu’il fallait encore faire. On ne parle pas assez du sujet de la fausse couche et des conséquences que cela engendre, il est presque tabou lorsqu’on regarde les séries, les long-métrages, etc. Cela nécessitait qu’on en parle de manière plus importante.

 

Olive était disponible sur Youtube et vous avez dû le retirer pour qu’il puisse être sélectionné en festival. Le cinéma et les plateformes de streaming sont souvent mis en confrontation. On a l’impression en tant que professionnel qu’il faut “choisir son camp”. Vous qui avez les deux casquettes comment vivez-vous cette dualité?

Youtube permet d'avoir un espace où lorsque j’écris quelque chose je peux le publier le lendemain. C’est une grande liberté !  Les plateformes c’est plus hiérarchiques (il y a les boites de productions, de distributions, etc).

Ce qui me manque avec les plateformes, et nous nous en sommes aperçu lors de la diffusion d’ Olive et de Dernière valse au Festival de la Rochelle, c’est l'énergie et le ressenti global qu'il peut y avoir dans une salle avec une centaine de personnes! Le cinéma appelle de grands espaces, la beauté des images, un vrai travail sur le son... comme les battements de cœur dans Olive. Pour toutes ces caractéristiques, ce film était prédestiné à être sur grand écran.

Ces nouveaux supports, comme les plateformes, sont extraordinaires mais je pense que certains projets sont destinés à être mieux adoptés par le grand écran comme d’autres seront mieux sur le plus petit. Pour moi, cela reste des moyens d’expressions, donc je prends ! 

Vignette Dernière Valse

 

Pouvez-vous nous parler de vos autres projets en cours?

Je suis en train d’écrire Family en long-métrage et nous avons écrit une pure comédie avec mon producteur pour sortir un peu de la tristesse mais je ne vais pas tarder à y replonger ! J’ai un autre sujet de long-métrage que j’aimerais traiter mais que je garde encore secret pour l’instant. Il sera également basé sur un sujet dont on ne parle pas assez. On écrit également un livre, qui n’a rien à voir avec le cinéma ou avec mes projets habituels mais qui raconte entre autres ma fausse couche et le chemin parcouru pour retrouver la lumière. Ce sont les choses les plus proches actuellement mais il y en aura bien d’autres qui suivront !

 

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Tags: interview

Written by Maureen Plas